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Avant-propos par Nicolas Bour, Directeur de la Mission Seine-Nord Europe (VNF)
« La voie d’eau, un transport moderne dans une économie ouverte »
« L’économie mondiale se caractérise aujourd’hui par une concentration des lieux de production, de transformation, d’échange et de consommation. Les modes de transport qui permettent cette massification ont par conséquent un rôle essentiel et, parmi eux, il convient d’insister tout particulièrement sur les ports maritimes qui sont les véritables portes d’entrée et de sortie du commerce en Europe, avec une croissance annuelle moyenne d’environ 2% depuis 15 ans et de plus de 7% pour les marchandises générales conteneurisées.
« Du Havre à Hambourg, les ports de la rangée nord situés en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne concourent aujourd’hui à près de 55% des échanges de l’Europe avec le reste du monde. Leur compétitivité, si essentielle dans un contexte mondialisé, repose étroitement sur la qualité de leurs dessertes terrestres et donc sur les modes de transport qui permettent de prolonger la massification vers leur hinterland. A ce titre, l’importance de la voie d’eau doit être soulignée. Si celle-ci représente aujourd’hui une part globale de 7% du transport de marchandises en Europe, son impact stratégique et structurant sur les grands ports maritimes de la rangée nord européenne est incontestable : à Anvers et Rotterdam, elle atteint ainsi plus de 50% de part modale.
« Il est intéressant de mettre les nombreux avantages de la voie d’eau en regard des coûts externes du transport routier en Europe : accidents, émissions de gaz à effet de serre, saturation des axes routiers, nuisances sonores, etc. D’après des estimations récentes, l’ensemble de ces externalités négatives représente un coût pour la société équivalent à 8% du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’UE. Il n’est donc guère surprenant qu’en avril 2004, le Parlement Européen et le Conseil de l’Union aient retenu une majorité de projets non routiers parmi les 30 projets prioritaires du programme de réseaux trans-européens de transport (RTE-T).
« Même si le transport routier est appelé à rester, par sa souplesse de fonctionnement, le mode dominant en France comme en Europe, les orientations de la Commission Européenne avec la révision en cours du Livre Blanc sur la politique des transports de 2001 ou encore le programme européen de soutien en faveur du transport fluvial (« Naiades ») initié début 2006 soulignent les nombreux enjeux stratégiques ainsi que le potentiel d’avenir des modes dits «alternatifs».
« Dans cette perspective, le projet Seine-Escaut a un rôle essentiel à jouer et contribuera de façon décisive à donner une réalité physique à l’Europe fluviale de demain, un réseau transfrontalier à grand gabarit s’étendant de la Manche à la Mer Noire, offrant des solutions d’acheminement des marchandises compétitives par rapport au transport routier. »
Nicolas Bour
Directeur de la Mission Seine-Nord Europe
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