Les Enjeux de Seine-Escaut
» Le transport fluvial, d'hier à aujourd'hui
....................................................................................................................................................
Mode de transport parmi les plus anciens, la voie d'eau a constitué durant des décennies le partenaire indispensable du développement industriel dans les régions du nord de l'Europe et a joué un rôle essentiel dans l'essor des bassins houillers et sidérurgiques.
A partir des années cinquante, la disparition ou la reconversion massive de ces industries, accompagnée d'un développement sans précédent des autres modes de transport, ont amené à reconsidérer le rôle du transport par voie navigable. Bien que son importance relative ait diminué avec le développement exponentiel des infrastructures routières et ferroviaires, le transport fluvial continue à jouer aujourd'hui un rôle important et a un certain nombre d'arguments pour connaître un nouvel essor dans un avenir proche.
Le transport fluvial aujourd'hui: vers un nécessaire rééquilibrage
Projet en adéquation avec son époque, Seine-Escaut a vocation à s'intégrer pleinement dans les nouveaux processus logistiques et à fournir de nouvelles possibilités de développement économique à tous niveaux, depuis l'échelon local jusqu'au niveau européen. Ceci est d'autant plus vrai que, depuis les années cinquante, le transport par voie navigable a pu progressivement maintenir voire améliorer ses atouts par rapport aux autres moyens de transport.
La saturation des infrastructures du Benelux et de l’Allemagne, dont la densité de trafic routier et ferroviaire est de 2 à 4 fois supérieure à celle de la France, crée un goulot d’étranglement unique de par son ampleur. Cet encombrement des voies de circulation participe très largement à l’augmentation des coûts externes européens du transport, évalués par la Commission Européenne à 8% du produit intérieur brut européen.
Dans ce contexte, les économies annuelles apportées par le projet Seine-Escaut sont évaluées, suivant les hypothèses, entre 50 et 220 millions d’euros par an sur la période 2020-2050, avec 45% des économies réalisées en-dehors du territoire français.
La navigation fluviale d'aujourd'hui est bien différente de celle d'il y a encore une dizaine d'années. La diversification des produits, le besoin de bateaux de plus en plus grands et performants, la création de nouveaux modes de navigation tels que le poussage ont induit d'immenses changements dans la conception même des voies navigables, permettant de répondre à la croissance soutenue du secteur des transports. Sur la période 2008-2012, Seine-Escaut pourrait ainsi contribuer à rien moins que 25 % de l’objectif annuel fixé par le programme Marco Polo et par le Livre Blanc de la Commission sur les Transports en permettant de retirer 5 milliards de tonnes-kilomètres à la route.
Et pourtant, force est de souligner que, malgré ces très nombreux atouts, la voie d'eau n’a reçu, sur la période 1994-2004, que 1,4% des subventions européennes d’infrastructures de transport alors même qu’elle contribuait à près de 7,5% du transport de marchandises en Europe, soit l'équivalent de 50% du trafic ferroviaire de fret.
Cet état de fait est précisément au cœur des préoccupations soulevées par la Commission Européenne dans son programme « Naiades », proposé en janvier 2006 pour promouvoir le transport fluvial. Ce programme s’articule notamment sur un volet dédié aux infrastructures qui souligne le besoin de développer, dans une perspective intermodale, des infrastructures adaptées aux besoins actuels, tout particulièrement pour lever les goulets d’étranglement existants.
Aujourd’hui, la voie d’eau présente les garanties d’une croissance solide et continue, d’environ 1,7% par an depuis les années 1990. La réalisation de Seine-Nord Europe permettra de lever les derniers goulets d’étranglement existants et de porter, à l’horizon 2020, le trafic fluvial sur l’axe nord-sud à près de 17 millions de tonnes. Dans le même temps, l’expansion du réseau fluvial européen à grand gabarit permettra d’accroître la compétitivité des prix de la voie d’eau de 30 à 40% par rapport à aujourd’hui.
Transport fluvial et développement durable
Ce rééquilibrage entre modes de transport est d'autant plus nécessaire et urgent qu'à l'orée d'un XXIème siècle où les considérations environnementales et énergétiques sont appelées à être de prime importance, le transport fluvial représente le mode de transport durable par excellence. A ce titre, le Projet Seine-Escaut se veut un outil de promotion et de mise en place d'un environnement sain et équilibré, inscrit dans une perspective de développement durable. Les avantages du transport fluvial sont à cet égard nombreux:
Des économies d'énergie considérables car la quantité de carburant consommée par tonne transportée est la plus faible qui soit.
Une réduction des coûts de main-d’œuvre, un équipage de trois membres suffisant à assurer le transport de 1 500 tonnes de fret.
Un transport en toute sécurité et fiabilité. En effet, le trafic fluvial est comparativement moins dense que le trafic routier et les risques d'accidents sont statistiquement extrêmement réduits.
Conséquence directe: la navigation fluviale est un des modes de transport les plus fiables en matière de respect des délais de transport.
La voie d'eau présente en outre très peu de nuisances pour les bateliers comme pour les riverains: le niveau de pollution, en particulier sonore, est très faible.
Enfin, la navigation fluviale a une capacité inégalée à absorber de très grands volumes, contribuant ainsi de manière décisive au désencombrement des routes.
©
Copyright 2005-07 Comité Seine-Escaut