Les Enjeux de Seine-Escaut
» Un axe de développement économique
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En favorisant l'interconnexion des bassins fluviaux de la Seine, de l’Escaut et du Rhin, le Projet Seine-Escaut ambitionne de poser les conditions d'un développement substantiel du trafic fluvial nord-européen. A long terme, l'accroissement des flux commerciaux le long de ces nouvelles voies de communication renforcera non seulement l'attractivité de la voie d'eau comparativement aux autres modes de transport, mais s’accompagnera également d’une hausse de la fréquence des rotations et d'une importante réduction des couts.

Un projet essentiel pour le développement économique de l’Union Européenne

Projet pan-européen par essence, mené en partenariat entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, Seine-Escaut aura des retombées positives sur un grand nombre d’Etats membres. Les études économiques d’avant-projet montrent que 35% des avantages bénéficieront directement aux Pays-Bas, à la Belgique et à l’Allemagne. A l’est et au sud, ces effets positifs s’étendront via l’interconnexion avec la liaison Rhin-Main-Danube à des pays comme l’Autriche, la Hongrie, la Croatie et la Roumanie.

Qui plus est, Seine-Escaut est un des rares projets RTE-T susceptibles de développer et faciliter l’accès aux principales portes d’entrée et de sortie de l’Union Européenne. En connexion directe avec six des plus grands ports européens (Le Havre, Rouen, Dunkerque, Zeebrugge, Anvers et Rotterdam, représentant à eux six 60% du trafic de la rangée nord et une zone de chalandise de plus de 200 millions d’habitants) Seine-Escaut contribuera directement à améliorer la desserte de leur hinterland.

Ce faisant, la mise en œuvre de Seine-Escaut constituera un élément favorable à la réalisation de projets de réseaux externes tels que les Autoroutes de la Mer. Seine-Escaut permettra en particulier à leur corridor ouest (Mer du Nord-Atlantique) de libérer son plein potentiel et de convertir des flux d’échanges internationaux toujours croissants en un trafic commercial intra-européen massifié.

Au carrefour des plus grands réseaux trans-européens, Seine-Escaut sera donc la cheville ouvrière de la croissance et de la compétitivité de l’ensemble de l’Union Européenne.

Des impacts sectoriels variés mais substantiels

Si peu de changements sont à attendre des filières « classiques » (produits métallurgiques, produits énergétiques, produits chimiques et colis lourds) qui utilisent déjà le transport fluvial et qui en connaissent les avantages, de nombreuses opportunités peuvent s’ouvrir pour des filières qui ne soupçonnent pas le potentiel de la navigation fluviale.

Dans le domaine des matériaux de construction, le projet offrira la possibilité aux entreprises de s’approvisionner auprès de sources plus éloignées, de diversifier les contacts et de découvrir de nouveaux horizons. L’Ile-de-France devra d’ici 2020 s’approvisionner en granulats et ciment dans des régions connexes mais éloignées et le canal offre, en regard de ces besoins, une possibilité de transport intéressante.

Différentes possibilités peuvent également s’avérer intéressantes pour le secteur des déchets. En effet, avec la multiplication des contraintes environnementales, les professionnels de la filière devraient être amenés à privilégier l’implantation d’installations de valorisation de traitement de déchets bord à canal, à distance des agglomérations.

La filière agricole est aussi largement privilégiée. Avec la réforme de la PAC, les exportations de produits agricoles devraient baisser de 1,3 millions de tonnes. Cependant, cette diminution devrait être compensée par l'accroissement des quantités transportées de biocarburants. Le versant français du projet, le Canal Seine-Nord Europe traversera en particulier des territoires qui constituent une importante zone de production de céréales et de betteraves et favorisera l’implantation d’usines en bord à canal. A l'horizon 2020, les flux de biocarburants à destination des ports maritimes atteindront selon les estimations autour de 454 000 tonnes.

L’industrie automobile constitue une autre activité industrielle majeure, activité qui pourra être largement soutenue par le Projet Seine-Escaut. L’approvisionnement des usines d’assemblages en acier constitue l’un des quelques débouchés particulièrement bien adaptés au transport fluvial. La voie d'eau offre également des solutions intéressantes en matière de transport de véhicules.

Enfin, dans le domaine des conteneurs, Seine-Escaut offrira des conditions propices au développement des implantations de centres logistiques et de centres de distribution européens, qui en retour engendreront des flux réguliers susceptibles de soutenir l'essor du transport fluvial.

Seine-Escaut, source d'emplois

Sur le plan de l’emploi, la construction de la liaison fluviale Seine-Escaut et l'élargissement du réseau fluvial à grand gabarit nord-européen devraient jouer un rôle positif sur l'emploi. Les premières estimations issues des études préliminaires permettent d'évaluer cet impact. Selon ces calculs, la phase de construction elle-même devrait créer 14 000 emplois par an durant les 3 à 4 années que devrait durer le chantier. Près de 5 200 emplois seraient directs.

A moyen terme, les retombées sur l’emploi local sont, pour leur part, évaluées entre 1 500 et 3 000 emplois par an. A plus long terme, l’exploitation du réseau devrait continuer à générer la création d'emplois, également stimulée par les nouvelles implantations économiques le long de la voie d’eau (industries, centres logistiques et de distribution).
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